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Care & Management

 


Equ’idée n°35

En attendant le vétérinaire - Premiers soins aux chevaux, par Jürgen Bartz, Editions Maloine (1997, 144 pages).

Destiné au personnel d’écurie ou aux propriétaires isolés n’ayant pas de connaissances médicales particulières, ce guide fournit des indications détaillées sur les mesures à prendre dans cinquante cinq des urgences les plus fréquentes classées par parties du corps du cheval et sur les symptômes. Il décrit, étape par étape, l’application des pansements et les soins des blessures, ainsi que les premiers secours à apporter au cavalier. L’aspect juridique prévient le lecteur des sources de dangers potentiels. Enfin, l’ouvrage donne la composition d’une pharmacie pour l’écurie et la randonnée équestre.

Un ouvrage à lire au moins en attendant le vétérinaire...

Editions Maloine - 27, rue de l’Ecole de Médecine - 75006 Paris. ISBN 2 224 02466 5. Prix 148 F.

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Equ’idée n°37

Mieux vaut prévenir que guérir

Le " Manuel vétérinaire pour propriétaires de chevaux " récemment publié par les éditions Vigot est traduit de l’américain par Claude LAPEIRE, révisé et adapté par Céline MESPOULHES et Natacha GIMENEZ d’un livre intitulé " Veterinary Manual for the Performance Horse " écrit en 1993 par deux vétérinaires N.S. Loving et A.M. Johnston.

Ce guide a pour objectif d’aider le particulier à bien soigner et à prévenir les maladies et blessures de son cheval. Par conséquent, il est facile à lire, contient 385 illustrations en noir et blanc, possède un glossaire et un index pour une approche complémentaire à celle proposée par la table des matières. On y trouve des informations sur de nombreux sujets comme : évaluer une bonne conformation, améliorer la musculature du cheval, ses pieds, protéger son système respiratoire, le préparer à la compétition, contrôler son état corporel, gérer et prévenir les blessures tendineuses, les engorgements, les boiteries, les problèmes digestifs et parasitaires. Suivent ensuite une revue de médicaments injectables et d’anti-inflammatoires et des conseils pratiques pour bien appréhender la contention des chevaux, leur vie en box, le transport des chevaux de sport, la visite vétérinaire et envisager de mettre à la reproduction un cheval de sport. Bien évidemment, comme tous les livres de ce type, il ne peut se substituer à l’avis d’un praticien dans les cas graves (c’est, entre autres, ce que rappelle la dénégation de responsabilité qui tient lieu de préface à l’ouvrage), mais peut aider grâce à ses conseils généraux de prévention à limiter leur apparition.

Références : Manuel vétérinaire pour propriétaires de chevaux, par N. S. LOVING, édité par Vigot (1999, 588 pages) - Editions Vigot - 23, rue de l’Ecole de Médecine - 75006 PARIS - ISBN 2 7114 1369 1 - prix : 298 F.

Equi’doc n°41

The complete performance horse : feeding, fitness, lameness, preventive medicine [Tout sur le cheval de sport : alimentation, santé, boiterie, médecine préventive, TDLR], par Colin Vogel, édité par David & Charles, (1996, 240 pages)

Colin Vogel, auteur de cet ouvrage, est un vétérinaire équin. Il présente dans ce livre les quatre points vétérinaires essentiels pour le cheval de compétition : la médecine préventive (maladies contagieuses, système immunitaire, parasites et aspects généraux), la santé physique et mentale en fonction du type d’activité du cheval (comment la mesurer, la fatigue, l’entraînement, les premiers soins), l’alimentation (le système digestif, l’énergie, les protéines, les compléments alimentaires, l’alimentation du cheval de sport, quand les choses vont mal) et pour finir, les boiteries (diagnostic, traitements, blessures, le pied, les tendons, les articulations, les os, les muscles, le dos). Pour chaque partie, il présente de façon claire et illustrée les bases scientifiques des aspects traités et aborde ensuite des aspects plus pratiques.

David & Charles - Brunel House - Newton Abbot - Devon, United Kingdom - ISBN 0 7153 0345 7. Prix : 20

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Equ’idée n°37

" Horse & Stable Management " réédité

Publié pour la première fois en 1984, ce livre, qualifié par de nombreuses librairies " online " américaines de " classique faisant autorité " a été réimprimé, réédité, complété, retravaillé, etc. un grand nombre de fois. Cette dernière version y a même incorporé un petit ouvrage " Horse Care " afin qu’il recouvre, en un seul volume, tous les aspects liés aux soins aux chevaux dans une écurie. Ce livre est notamment recommandé par l’éditeur aux étudiants anglophones qui poursuivent des études dans la filière cheval outre-atlantique. En terme de contenu, il est divisé en six parties : Le cheval en bonne santé et malade : en une cinquantaine de pages, les auteurs traitent de la conformation du cheval, des signes de bonne santé, des principales maladies, de leurs symptômes et vecteurs, des premiers soins et de l’administration des médicaments ; L’organisme du cheval : cette partie est dédiée à beaucoup d’hippologie et à un peu de physiologie et d’éthologie ; Travailler dans une écurie : sont abordées les tâches quotidiennes avec une préoccupation d’ergonomie dans le travail, les relations avec la clientèle et l’équipe, ainsi que les mesures à prendre en cas d’incident ; Connaissance des soins aux chevaux : tout ce qu’il faut savoir pour avoir un cheval en forme, bien toiletté et équipé avec du matériel adapté et bien entretenu ; Soins aux chevaux au travail : cette courte partie précise les spécificités à apporter ou à surveiller pour les soins aux chevaux de chasse, de compétition, de loisir ; Gestion d’un haras : quelques éléments à connaître sur l’étalon, la poulinière et le poulain.
Sa table des matières détaillée et son index le rendent facile à consulter. Ce livre est une bonne base pour les cavaliers qui souhaitent mieux connaître le cheval. Il a, en fait, les défauts liés à ses qualités : il aborde une grande partie des préoccupations des cavaliers dans un style concis et compréhensible par tous, ce qui donne parfois envie d’aller au delà des éléments généraux proposés.

Références : Horse and stable management [Gérer chevaux et écurie, TDLR], par J. HOUGHTON-BROWN, V. POWELL-SMITH, S.PILLINER, édité par Blackwell Science (troisième édition 1997, première édition en 1984, 470 pages) - Blackwell Science Ltd – Osney Mead – Oxford OX2 0EL – Royaume-Uni – www.blackwell-science.com - ISBN : 0 632 04152 8. Prix : £ 12.99.

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Equ’idée n°36

Synthèse bibliographique : transporter les chevaux

Le XXème siècle a une particularité amusante : il a vu le cheval passer du statut quasi exclusif de transporteur à celui de transporté ! Au-delà ce cette considération historico-culturelle, transporter les chevaux reste souvent une inquiétude pour de nombreux propriétaires et professionnels, malheureusement encore souvent à juste titre.
De l’athlète qui va concourir en avion à l’étranger au cheval traversant l’Europe pour aller à l’abattoir dans un wagon, en passant par la poulinière suitée se rendant à la saillie dans le van de son propriétaire, les objectifs et les moyens mis en œuvre pour le déplacement des équidés sont très divers.
Le point commun entre tous ces modus operandi reste la succession rapide de différents environnements inconnus en quelques heures lors d’un transport aérien, ferroviaire et/ou routier ou en quelques semaines lors d’un transport maritime, alors que le cheval est un animal qui a besoin de temps pour s'adapter à un nouveau milieu et qui est facilement soumis au stress lorsqu’il perd ses repères. (LEMARQUIS J., 1994 ; ROSSIER Y., 1992.)

  • Pourquoi le transport est-il un stress ? Quelles sont les composantes de l’environnement auxquelles sont sensibles les chevaux ?
Le stress peut-être défini comme étant un état dans lequel l’animal doit faire des ajustements physiologiques et comportementaux anormaux ou extrêmes pour faire face à des contraintes hostiles de son environnement. (FOREMAN J.H., FERLAZZO A., 1996). Les chevaux sont sensibles à plusieurs types de facteurs :
  • Les valeurs micro-climatiques et leur régulation au cours du transport : température, hygrométrie, teneur en ammoniac, en gaz carbonique, vitesse de l'air, etc. ;
  • L’hygiène : taux microbiens et parasitaires dus notamment à l’état sanitaire des animaux avant le départ et à une plus ou moins bonne désinfection des locaux, hygiène au cours du trajet (enlèvement des déjections, lutte contre les tiques, mouches, moustiques...) ;
  • La présence ou non de congénères peut poser des problèmes de hiérarchie sociale (chevaux dominants et chevaux dominés), notamment lors de l’accès à la mangeoire ou à l’abreuvoir. Il faut également tenir compte de la composante sexuelle. Un autre problème peut être la séparation d’avec des congénères ou d’un propriétaire : le cheval reste solitaire, refuse de s’alimenter, peut paniquer…
  • La présence humaine : calme, connaissance des chevaux, régularité des horaires, etc. et compétences (approche, façon de faire embarquer, etc.) ;
  • Le confinement ;
  • Vibration, bruits.
Il faut cependant noter que les chevaux se comportent de façons très différentes les uns des autres durant le transport, ce qui est probablement dû autant aux expériences passées qu’aux sensibilités propres des animaux.
(LEMARQUIS J., 1994 ; HERBERT K.S., 1999 ; BALL M.A., 1998 ; DE NOME A., 1998 ; LEADON D.P., 1991 ; LENZ T.R., 1999 ; ROSSIER Y., 1992 ; WARAN N.K., CUDDEFORD D., 1995)

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Il est en général difficile de quantifier le niveau de stress des animaux. Une étude a cependant tenté de quantifier ce stress en étudiant le comportement et le rythme cardiaque des chevaux durant le chargement et le transport : il en résulte que l’embarquement provoque une accélération du rythme cardiaque chez les jeunes chevaux, comme chez les plus expérimentés (+ 30 à 40 battements par minute). Durant le transport, on observe un rythme cardiaque supérieur de 18 battements par minute par rapport à la normale, peut-être dû en partie à la posture particulière que prennent les chevaux durant le transport pour garder leur équilibre. Ces résultats sont à rapprocher de ceux annoncés lors d’une autre étude : +12 battements par minute. D’autres conclusions tendent à montrer que le rythme cardiaque et la quantité d’énergie dépensée chez des poneys durant le transport sont très proches de ceux du pas. D’autres études ont montré un accroissement important du taux de cortisol, ce qui peut être une indication de l’état de stress. (DOHERTY O. et al., 1997 ; FOREMAN J.H., FERLAZZO A., 1996 ; FORHEAD A.J. et al., 1995 ; MARS L.A. et al.,1992 ; SMITH B.L. et al., 1996 ; WARAN N.K., CUDDEFORD D., 1995)

  • Quelles peuvent être les conséquences négatives du transport sur le cheval ?
Un problème majeur, soulevé par de très nombreux chercheurs, vétérinaires et auteurs, est le manque de données quantitatives sur les problèmes rencontrés lors des transports de chevaux. Ceci est d’autant plus délicat à appréhender que l’on peut quasiment considérer chaque cas comme un cas particulier. Pourtant, voici les problèmes majeurs qui peuvent découler du déplacement d’un cheval.

LA FATIGUE
La conséquence la plus immédiate du transport est la fatigue. En effet, même dans de bonnes conditions de transport, les chevaux doivent compenser les mouvements du plancher sous leurs pieds, sans pouvoir anticiper. On observe d’ailleurs souvent une posture particulière : les antérieurs avancés et les postérieurs sont très écartés pour élargir le polygone d’appui. Cette position peu naturelle va provoquer une fatigue des muscles du bassin et des postérieurs, peu sollicités en temps normal. De la même façon, les chevaux auront tendance à lever la tête pour s’équilibrer lors des décélérations, ce qui sollicite grandement les muscles de l’encolure. Pourtant, cela ne suffit pas toujours : les chevaux voyageant en stalles s’appuient fréquemment contre les bat-flancs. Il faut ajouter à cette fatigue musculaire le manque de sommeil : la plupart du temps les chevaux ne dorment pas ou ont un sommeil très perturbé durant le transport. Dans le cas de trajets en avion, ils sont, comme les humains, soumis au décalage horaire. La conséquence est que même chez des chevaux en bonne santé, un transport de plus de 24 heures pose de réels problèmes de fatigue.
Il faut par conséquent laisser au cheval une période de récupération suffisamment longue dans de bonnes conditions afin d’éviter le cumul du stress et de la fatigue (transport, compétition, arrivée dans un nouvel environnement, etc.). (LEMARQUIS J., 1994 ; HERBERT K.S., 1999 ; DENOME A., 1998 ; FOREMAN J.H., FERLAZZO A., 1996 ; ROSSIER Y., 1992 ; SELLNOW L., 1999 ; STRICKLAND C., 1998 ; WARAN N.K., CUDDEFORD D., 1995)

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DEVELOPPEMENT DE PATHOLOGIES
D’une façon générale, le stress est susceptible de provoquer une baisse des défenses immunitaires, ce qui prédispose le cheval à des infections (surtout s’il voyage avec d’autres chevaux) ou à des maladies virales (grippes, rhinopneumonies, etc.). Durant et après un transport, les leucocytes et les neutrophiles, chargés de protéger l’organisme contre les agressions extérieures, semblent être en plus grand nombre mais montrent moins d’activité que dans une situation normale.
C’est l’appareil respiratoire qui semble être le plus soumis à rude épreuve dans la plupart des moyens de transport : la mauvaise ventilation entraîne l’augmentation du taux d’ammoniac, l’accumulation de poussières dues au foin et à la paille, etc. Des cas d’asphyxie à cause du monoxyde de carbone du pot d’échappement ont même été signalés.
Plusieurs études ont montré que les chevaux après le transport montraient dans la trachée des signes d’inflammation et un nombre accru de bactéries (notamment des bactéries du genre Streptococcus, connues pour provoquer des pneumonies, mais aussi des Pasteurella et des Enterobacteria). Les gaz d’échappement sont également suspectés de causer des dommages à la barrière entre alvéoles et capillaires sanguins, ce qui pourrait augmenter la perméabilité aux bactéries.
Les chevaux voyagent souvent la tête attachée. Si le but de cette habitude est la sécurité, elle pourrait également être facteur aggravant dans le développement de pathologies respiratoires. En effet, les poumons sont défendus grâce à un système ciliaire qui véhicule du mucus dans lesquels sont agglomérées les particules irritantes et les bactéries. Tous ces éléments remontent et peuvent ensuite être avalés ou excrétés par la toux. Or, cette action ciliaire peut-être réduite par de nombreux facteurs comme la respiration d’ammoniac, des gaz d’échappement ou une posture exagérément élevée de la tête, que l’on retrouve chez les chevaux attachés durant le transport. Une étude de l’Université de Sydney a montré que le nombre de bactéries dans la trachée était multiplié par 10 000 lorsque le cheval ne pouvait baisser sa tête et que 8 heures étaient nécessaires pour que ce nombre retrouve sa valeur normale, une fois le cheval détaché. (BALL M.A., 1998 ; DE NOME A., 1998 ; FOREMAN J.H., FERLAZZO A., 1996 ; HERBERT K.S., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995 ; MARKS D., 1993 ; OIKAWA M. et al., 1995 ; PORTER M., 1998; SMITH B.L. et al., 1996 )
Les pathologies respiratoires qui se déclarent, durant le transport ou dans les jours qui suivent, peuvent aller de la fièvre de transport (fièvre, toux, inappétence, voies nasales encombrées, mauvaise haleine, effort et fréquence respiratoires augmentés) à la pleuropneumonie (qui peut être fatale) dans le plus grave des cas. Une toux chronique peut même apparaître chez certains sujets : elle serait due à une hypersensibilité aux allergènes présents dans l’atmosphère close du véhicule. D’autres facteurs aggravants pourraient être les changements de température et de taux d’humidité dans l’air, qui provoqueraient une augmentation du nombre de micro-organismes dans l’air (bactéries et moisissures). (HERBERT K.S., 1999 ; LEADON D.P., 1991 ; MANSMANN R.A., 1995 ; ROSSIER Y., 1992.)
Mais l’appareil respiratoire n’est pas le seul à être menacé. On relate également des blessures (lésions dues à des frottements, lacérations ou traumatismes), surtout à cause de paniques chez les jeunes chevaux ou de chevaux qui tombent durant le transport. Sont également rapportés des cas de coliques ou des diarrhées (la flore intestinale peut être perturbée et des bactéries non désirables peuvent se multiplier, entraînant entérites et diarrhées.), d’avortement à cause du stress et d’augmentation anormale du taux de lipides dans le sang. Cette crise métabolique sévère, plus souvent observée chez les ânes et les poneys, est généralement induite par une baisse des apports alimentaires, en raison d’un jeûne ou d’inappétence.
(DENOME A., 1998 ;  FOREMAN J.H., FERLAZZO A., 1996 ; FORHEAD A.J. et al.,1995 ; HERBERT K.S., 1999 ; LEMARQUIS J., 1994 ; MANSMANN R.A., 1995 ; ROSSIER Y., 1992 ; STRICKLAND C., 1998 ; WARAN N.K., CUDDEFORD D., 1995).

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PERTE DE POIDS ET DESHYDRATATION
Le stress provoque souvent une baisse des quantités d’eau et de nourriture ingérées et une augmentation de l’excrétion des matières fécales : une perte de poids est fréquemment observée et il existe un risque important de déshydratation.
La perte en fluides, par la sueur, les fèces, etc., peut être substantielle (jusqu’à 0,5% du poids corporel par heure) : un cheval de taille moyenne peut ainsi perdre plus de 20kg en 12 heures de transport. Les résultats annoncés sont délicats à comparer entre eux puisque les conditions d’expériences sont toujours très différentes les unes des autres : on trouve des références de pertes du poids corporel de 1,8% (4h de transport), 3% (8h) et 4% en moyenne chez les chevaux destinés à l’abattoir. Certains résultats (malheureusement fondés sur un nombre assez peu important de chevaux) annoncent une forte corrélation entre la perte de poids et la durée du transport.
Il a été montré que les fèces quand le cheval est déshydraté contiennent moins d’eau que dans des conditions normales ; ceci pourrait être une explication aux problèmes de coliques par impaction parfois rencontrés.
Le risque de déshydratation augmente de façon très nette au-delà de 24°C et il est difficile à évaluer car température et humidité sont rarement contrôlées durant le transport (sauf dans les avions où la température est maintenue constante). En conditions chaudes et humides, la thermorégulation du cheval se fait par la sudation et par l’augmentation du rythme de la respiration, ce qui risque à la fois d’accélérer la déshydratation et de multiplier le nombre de particules inhalées.
La déshydratation, même modérée, peut affecter la performance d’un cheval ; elle peut également conduire à des complications : sang moins fluide, problème de circulation dans les sabots, risque accru de fourbure. Fort heureusement, elle est en général rapidement compensée quelques heures après le transport et le poids normal retrouvé quelques jours après. En revanche, tous les auteurs ne sont pas d’accord sur d’éventuels déficits en sodium et chlorure après un transport.
(HERBERT K.S., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995 ; MARS L.A. et al.,1992 ; ROSSIER Y., 1992. ; SELLNOW L., 1998 ; VAN DEN BERG J.S. et al., 1998)

TRANSPORTS EN COMMUN POUR CHEVAUX
Lors de transport de chevaux en nombre, vers l’abattoir par exemple, il faut tenir compte de la densité de chevaux dans le camion et trouver un équilibre économique entre la densité maximale et le taux de blessures minimal…
Pourtant, les conclusions des recherches menées sur les effets de la densité ne concordent pas toutes entrent elles :
 

Densité élevée
Densité faible
Points négatifs
Points positifs
Points négatifs
Points positifs
Favoriserait les agressions entre chevaux : les chevaux mordraient et taperaient, non pas pour assurer leur dominance, mais seulement pour faire bouger un cheval qui les gêne

Augmentation du risque de déshydratation

Stress plus important 

Risque majeur : que l’un des chevaux tombe et soit piétiné par les autres.

Pas d’augmentation particulière de la température dans le véhicule (les chevaux régulent particulièrement efficacement leur température corporelle en transpirant)

Plus rentable sur un plan économique

Favoriserait les accidents : les chevaux ayant plus de place pour bouger, se poseraient des problèmes de dominance  Coût plus élevé
(SELLNOW L., 1999) (HERBERT K.S., 1997b)
Les problèmes de chevaux qui se battent sont relativement importants. En effet, 13% des carcasses montrent des signes de coups de pied et/de morsures. Une des raisons avancées est qu’un certain nombre de chevaux qui partent à l’abattoir ont des problèmes de comportement par rapport à l’homme mais aussi par rapport aux autres chevaux. (SELLNOW L., 1999). Une étude canadienne (WHITING T., 1999) a même modélisé le besoin en espace des chevaux non attachés et a proposé une équation donnant la densité des chevaux maximale en fonction du poids corporel moyen des chevaux !

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L’EMBARQUEMENT
Même chez des chevaux habitués à voyager, l’embarquement reste une cause importante de stress : le rythme cardiaque est en général très accéléré. Une des raisons pourrait être que les chevaux sont réticents à entrer dans des endroits clos et sombres. (BALL M.A., 1998)
Une étude américaine menée sur les chevaux destinés à l’abattoir a montré que 7,5% des chevaux dont les camions font plusieurs arrêts ou qui changent de véhicule durant le transport souffrent de blessures externes contre 1,6 pour ceux ayant un trajet direct et sans stops, ce qui tendrait à montrer que l’embarquement est source d’accidents. Ceci serait d’autant plus important dans le cas des camions à deux ponts puisqu’ils sont équipés d’une rampe à l’intérieur qui permet aux animaux d’accéder au second niveau.Elle serait génératrice d’un grand nombre de problèmes puisque le taux d’accidents dans les camions à deux ponts est de près de 30% alors qu’il n’est que de 8% dans les camions à pont simple. (SELLNOW L., 1999)
Après cette revue des problèmes que peuvent rencontrer les chevaux qui voyagent, voici quelques préconisations pour prévenir au maximum les désagréments du transport.

  • Comment améliorer les conditions de transport ?
BIEN ROULER, EN SECURITE
Le préalable est d’avoir un véhicule adapté à ses besoins (camion, van tracté, etc.), en bon état (notamment au niveau du plancher), propre et de bien vérifier avant chaque départ son état ou de faire appel à un transporteur fiable. De nombreux articles insistent sur la nécessité de ne pas improviser son voyage et donnent des indications sur la façon de rouler : un journaliste américain suggère même d’enfermer le futur conducteur de van à l’arrière d’un camion et de le soumettre à deux types de conduite, l’une brutale et la seconde sans à-coups ! Il paraît que c’est la meilleure méthode pour convaincre quelqu’un de conduire souplement…
(BRIGGS K., 1998 ; ESTRADE M., 1998 ; HERBERT K.S., 1999 ; LECLAIR B., 1993 ; LENZ T.R., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995 ; PORTER M., 1998, SAUVE L., 1992 ; SELLNOW L., 1998)

ORIENTATION DU CHEVAL DANS LE VEHICULE
De nombreuses études ont été menées sur la préférence de l’orientation lors du transport afin de construire des véhicules minimisant la fatigue des chevaux et risque de chutes. Les résultats sont très différents selon les auteurs, voire contradictoires. Certaines études montrent que les chevaux préfèrent être dans le sens inverse du mouvement : les chevaux (et poneys) voyageant la tête à l’arrière amortiraient mieux les accélérations et décélérations grâce à leur arrière-main, pourraient ainsi porter leur tête plus basse et seraient moins stressés. Une étude américaine affirme que l’orientation vers l’avant ou l’arrière importe peu mais que les chevaux préfèrent une orientation à 45° par rapport à l’axe du véhicule. D’autres résultats sont plus nuancés et indiquent que les chevaux seraient nombreux à préférer être en sens inverse de la marche ou obliquement ; mais qu’il existerait une grande variabilité individuelle.
Il est difficile de comparer ces résultats et encore plus de conclure dans la mesure où les échantillons de chevaux sont très hétérogènes (sur le plan qualitatif autant que qualitatif), les méthodes de recueil de l’information ne sont pas les mêmes et les conditions d’expérience diffèrent beaucoup (type de camion, itinéraire, mode de conduite, etc.). (BALL M.A., 1998 ; DOHERTY O. et al., 1997 ; GIBBS A.E., FRIEND T.H., 1999 ; HERBERT K.S., 1999 ; HERBERT K.S., 1997b ; LEADON D.P., 1994 ; MANSMANN R.A., 1995 ; PORTER M., 1998 ; ROSSIER Y., 1992 ; SELLNOW L., 1999 ; SMITH B.L. et al., 1994)

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ALIMENTATION ET APPORTS EN EAU
Lors de longs trajets, pour prévenir la déshydratation, il faut apporter au cheval de l’eau à volonté au moins toutes les 4 heures. (DENOME A., 1998 ; HERBERT K.S., 1999 ; LEMARQUIS J., 1994 ; ROSSIER Y., 1992 ; STRICKLAND C., 1998). Pourtant, de nombreux chevaux refusent de s’abreuver durant le transport, voici quelques astuces pour prévenir une déshydratation :

  • par temps froid, proposer aux chevaux de l’eau tiède ;
  • par temps chaud, proposer de l’eau fraîche, mais pas froide ;
  • pour les chevaux difficiles qui refusent une eau autre que celle "de la maison", les accoutumer au préalable à boire de l’eau additionnée de produits apétents destinés à camoufler l’odeur d’une eau non familière ;
  • certains transporteurs aériens préconisent même de mouiller le foin avec de l’eau salée pour que le cheval soit contraint de boire ! (BALL M.A., 1998 ; MARS L.A. et al.,1992 ; MANSMANN R.A., 1995 ; STRICKLAND C., 1998)
Dans les cas les plus problématiques, le vétérinaire peut être amené à administrer en préventif ou en curatif des électrolytes ou de l’eau par intubation naso-gastrique. Il peut de la même façon prescrire l’ajout dans la ration ou par sonde d’huile pour faciliter le transit des chevaux risquant une déshydratation. (LENZ T.R., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995 ; MARKS D., 1993 ; ROSSIER Y., 1992).
En ce qui concerne les transports de chevaux en nombre, une réponse aux problèmes de déshydratation pourrait être la mise en service de camions dans lesquels de l’eau serait disponible en permanence, même si continueraient à se poser des problèmes de dominance entre les animaux. Malheureusement, il ne semble pas actuellement exister de technique fiable et pratique applicable. (SELLNOW L., 1999)
L’alimentation du cheval pendant le transport est assez mal étudiée : on considère généralement qu’il vaut mieux éviter concentrés et grains qui pourraient provoquer des coliques car la motilité de l’estomac et des intestins serait réduite lorsque le cheval ne peut bouger. Cette méthode est cependant controversée : d’autres conseillent de ne pas modifier l’alimentation du cheval. (HERBERT K.S., 1999 ; LENZ T.R., 1999). En ce qui concerne les fourrages, les avis sont mitigés : le foin occupe les animaux, apporte des fibres, mais est générateur de particules respirables et risque de contribuer à une colique d’impaction si le cheval est très déshydraté ; mieux vaut donc le mouiller ou le faire tremper au préalable (HERBERT K.S., 1999 ; MARKS D., 1993)

PREVENIR LA FATIGUE ET LES MALADIES
Si tous les auteurs s’accordent à trouver nécessaires les temps de pause, ils ne préconisent pas tous la même fréquence et la même durée : pauses toutes les 4 ou 6 heures durant 15 à 20 minutes. (HERBERT K.S., 1999) ou de 20 à 30 minutes toutes les 4 heures (LENZ T.R., 1999)…
Deux auteurs suggèrent de décharger les animaux toutes les 4 à 6 heures pour que le cheval puisse " regonfler " ses défenses en se nourrissant, en s’abreuvant et en étant autorisé à baisser son encolure. Il est parfois conseillé d’attacher le cheval non pas avec deux longes en hauteur mais avec une longe coulissant dans un anneau à laquelle on attache un poids, toujours dans le but de l’inciter à baisser la tête. (DE NOME A., 1998 ; LENZ T.R., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995)
Il faut bien évidemment désinfecter après chaque transport, surtout dans le cas de transports en nombre, et éliminer tout résidu de litière ou de foin pouvant provoquer une prolifération de moisissures (DE NOME A., 1998 ; LENZ T.R., 1999)
Toujours dans le but de limiter le nombre de particules inhalées, mieux vaut préférer les tapis de caoutchouc à la paille, même si de nombreux auteurs estiment que la paille incite le cheval à uriner, permet d’absorber l’humidité des fèces et rend l’environnement plus familier au cheval.
En revanche, tous s’accordent pour insister sur l’importance de la ventilation, même par temps froid. Il faut alors surveiller la température à l’intérieur du van et adapter la couverture du cheval en conséquence. A noter que la ventilation se fait généralement par le déplacement du véhicule : il faut donc être particulièrement vigilant lors des arrêts.
(BALL M.A., 1998 ; BRIGGS K., 1998 ; DE NOME A., 1998 ; HERBERT K.S., 1999 ; LENZ T.R., 1999 ; MARKS D., 1993 ; ROSSIER Y., 1992)
Dans le but de limiter les risques de maladies, il est conseillé de vacciner contre la grippe et la rhinopneumonie et de demander au vétérinaire, dans le cas de rassemblements importants de chevaux ou de longs trajets, d’administrer quelques jours avant le transport un stimulant pour le système immunitaire. (DE NOME A., 1998 ; LENZ T.R., 1999 ; PORTER M., 1998)

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PREVENIR LES ACCIDENTS
Tous les auteurs insistent sur la nécessité de protéger le cheval des pieds à la queue, en passant par la tête (protections des membres, cloches pour les sabots, protège-nuque, protège-queue). Il est également conseillé de proscrire les licols en nylon qui, en cas d’accident, ne se rompent pas et de préférer les systèmes permettant de détacher les chevaux rapidement.
(BRIGGS K., 1998 ; HERBERT K.S., 1999 ; LENZ T.R., 1999 ; MANSMANN R.A., 1995 ; MARKS D., 1993 ; ROSSIER Y., 1992 ; SAUVE L., 1992 ; SELLNOW L., 1998)
Le préalable à un transport dans de bonnes conditions est de bien embarquer. Pour cela, la solution semble être l’anticipation : désensibiliser le cheval le plus tôt possible. Là, toutes les solutions sont envisageables pour lui montrer que le van (à l’arrêt) n’est pas dangereux : l’alimenter ou le panser dedans par exemple. Le faire redescendre rapidement lors de sa première expérience peut l’aider à en garder un bon souvenir. Le premier voyage devra être court, se faire accompagné d’un cheval voyageur confirmé et dans de bonnes conditions, autant que possible.
Pour faire monter le cheval, il faut bien évidemment privilégier un endroit calme, avoir un pont le plus horizontal possible, non glissant et de préférence encadré (" oreilles " ou mur) et préférer un sol en herbe autour du pont, en cas de chute.
A proscrire en tout cas : la force. En effet, les chevaux qui refusent d’approcher du van seront confortés dans leur crainte si on les stimule avec des balais, cravaches et autres méthodes contraignantes.
Une alternative serait de faire monter les chevaux en marche arrière : en effet, une étude américaine a montré que les chevaux pouvaient être moins stressés lorsqu’ils n’entraient pas la tête la première.
(BALL M.A., 1998 ; CABLE C.S, 1997 ; PORTER M., 1998 ; ROSSIER Y., 1992 ; SAUVE L., 1992 ; WARAN N.K., CUDDEFORD D., 1995)
Certains vétérinaires proposent d’administrer aux chevaux particulièrement stressés des tranquillisants légers, mais en faisant très attention à ne pas surdoser : des problèmes d’équilibre pourraient survenir lors des mouvements du véhicule. Ces sédatifs peuvent être très efficaces pour calmer les chevaux qui tapent et risquent d’énerver leurs compagnons de voyage. (BALL M.A., 1998 ; MARKS D., 1993 ; ROSSIER Y., 1992 ; SAUVE L., 1992)
En ce qui concerne le van lui-même, il faut le choisir assez haut pour que le cheval ne se cogne pas (les Nord-américains insistent en général beaucoup sur cette notion car une grande partie de leurs " trailers " présente un plafond très bas, de 1m80 à 2m). Il est également préconisé d’éviter les séparations entre stalles qui vont jusqu’au sol pour que les chevaux puissent avoir davantage de place pour s’équilibrer. (BRIGGS K., 1998 ; HERBERT K.S., 1999 ; SAUVE L., 1992 ;SELLNOW L., 1998) A ne pas oublier, dans le cas où le pire se produirait, avoir à bord une pharmacie d’urgence pour humains et chevaux. (BRIGGS K., 1998)

  • Zoom sur l’histoire du transport (encadré)
Les chevaux sont transportés depuis près de 3500 ans. Dans un premier temps, l’objectif était pour les guerriers de ne pas se séparer de leurs montures : les voyages étaient donc maritimes et causaient une mortalité élevée chez les équins transhumants, surtout pour ceux qui voyageaient dans les cales.
Les premiers transports de chevaux dans une voiture semblent dater de la fin du XVIIIème-début XIXème : une source américaine annonce 1770, une source européenne 1816. En revanche, la motivation était la même : transporter sans les fatiguer des chevaux de course sur de grandes distances. De 1840 à 1950, les transports devinrent essentiellement ferroviaires : les voitures hippomobiles étaient dételées et placées sur des wagons à plates-formes dans un premier temps, puis les chevaux montaient dans des wagons spécialisés équipés de bas-flancs. Avec le développement du moteur à explosion, vers 1910, le transport du cheval est redevenu routier, dans un premier temps dans des vans deux places. Vers 1920, le réseau routier et la puissance des moteurs s’améliorant, des vans à 4 places ont été créés. Quasiment au même moment, un poney prenait l’avion pour la première fois en Europe. Les transports outre-Atlantique sont restés très aléatoires tant qu’ils étaient maritimes, les voyages étaient très éprouvants (les chevaux ne supportent pas bien le mal de mer car ils ne peuvent pas vomir) et surtout très longs. Ceux-ci ne sont devenus pratiques qu’avec le développement du transport aérien après la seconde guerre mondiale. (BALL M.A., 1998 ; SMITH B.L. et al., 1994 ; THIBAULT G., 1991)
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  • Zoom sur le transport des chevaux dans des cas d’urgence (encadré)
Transporter un cheval atteint de coliques est potentiellement dangereux car la douleur peut provoquer des réactions violentes du cheval. Il faut prévoir assez de place pour que le cheval puisse se coucher (et se relever) sans danger. Autre cas de transport d’urgence, lorsque le cheval est blessé. L’important est de faire en sorte que le cheval n’aggrave pas ses lésions en assurant au maximum son équilibre et en posant un bandage sur la partie blessée. Un cheval blessé à l’avant main sera mis préférentiellement dans le sens inverse de la marche, un cheval blessé à un postérieur, vers l’avant. Certains camions peuvent même être équipés d’un système de harnais pour éviter au blessé de supporter son propre poids. Si le cheval doit absorber des tranquillisants, il est important d’éviter le surdosage qui pourrait compromettre son équilibre. (BALL M.A., 1998 ; BATTAIL G.A., 1997 ; ROSSIER Y., 1992) Il arrive parfois que l’animal accidenté se trouve dans un endroit innaccessible par la route : certains auteurs relatent le sauvetage d’équidés par hélitreuillage sur quelques kilomètres. (MADIGAN J.E., MOORE B., 1995).
  • Zoom sur l’accident routier (encadré)
Lorsque c’est possible, il est toujours souhaitable de ne pas faire descendre les chevaux du camion avant que les services de sécurité ne soient sur place. En effet, le risque que les chevaux s’échappent et provoquent d’autres accidents est très important. Autant que possible, essayer de délimiter une zone avec des rubans de signalisation par exemple, éviter les sirènes qui pourraient paniquer les animaux. Toujours dans le but d’éviter des dommages supplémentaires, ne laisser intervenir que des personnes qualifiées et éloigner les éventuels spectateurs. Il est très dangereux d’essayer d’entrer dans le van avec les chevaux, même si bizarrement, on rapporte que de nombreux chevaux dans des cas critiques restent calmement étendus en attendant d’être secourus. Le plus simple est souvent d’attendre qu’un vétérinaire anesthésie les chevaux pour pouvoir intervenir sur le véhicule. Il faut que très rapidement se mette en place une cellule d’aide comprenant vétérinaires, hommes de chevaux, police, conducteurs des véhicules pour transporter les rescapés à l’abri ou à la clinique. Bref un véritable réseau qu’il ne vaut mieux pas avoir à improviser. (BALL M.A., 1998 ; DEY S., 1995 ; LINNABARY R.D., GOBLE D.O., 1993)
  • Zoom sur le transport de juments suitées (encadré)
Les principaux problèmes posés par les poulains, notamment lorsqu’ils sont très jeunes, sont le fait qu’ils restent couchés une grande partie du transport et qu’ils peuvent avoir des difficultés à réguler leur température.

En général, mieux vaut séparer par un bat-flanc la mère du jeune : en effet, si celui-ci se couche ou tombe, elle risque de lui marcher dessus en cherchant son équilibre. Les poulains qui ne peuvent se lever, mais qui essaient, doivent être transportés séparément de la jument en étant placés dans un endroit protégé par des couvertures et tapis pour éviter qu’ils ne se blessent. Mieux vaut mettre un tapis que de la litière pour éviter qu’il n’inhale des particules. Maintenir la température corporelle d’un très jeune poulain peut-être difficile : couvertures, mais aussi bandes pour maintenir les extrémités chaudes et bouillottes. Il peut être préférable de le transporter enveloppé dans des couvertures directement dans une voiture : le transport sera plus rapide et il sera au chaud, limitant ainsi les risques d’hypothermie. La jument sera transportée à part. Nourrir le poulain régulièrement est important, surtout dans le cas de longs trajets (toutes les 2-3 heures). (CABLE C.S, 1997 ; ROSSIER Y., 1992)

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  • Zoom sur la réglementation (à mettre dans un encadré)

Le transport des animaux en France est régi par l’arrêté du 24 novembre 1999 modifiant l’arrêté du 5 novembre 1996 relatif à la protection des animaux en cours de transport et le décret n°99-961 du 24 novembre 1999 modifiant le décret n°95-1285 du 13 décembre 1995 relatif à la protection des animaux en cours de transport. Ces dispositions sont applicables à tout transport d’animaux vertébrés vivants à l’exception des animaux familiers, des animaux accompagnant une personne physique qui a la responsabilité de l’animal durant le transport, des transports privés sans but lucratif en vue de la transhumance saisonnière et aux transports d’animaux vivants effectués pour compte propre ou pour le compte de tiers sur une distance de moins de 50 km. Elles sont donc à prendre en compte lors de transports à caractère commercial à but lucratif et précisent les conditions à remplir sur un plan administratif et sanitaire. L’article 2 précise les durées de transport maximales notamment pour les équidés domestiques : " la durée de transport des équidés domestiques et des animaux domestiques des espèces bovines, porcine, ovine et caprine ne doit pas dépasser huit heures. A l’issue de cette durée de transport, les animaux doivent être déchargés, alimentés et abreuvés et bénéficier d’une période de repos d’au moins 24 heures dans un point d’arrêt agréé avant d’effectuer une nouvelle période de huit heures dans le cas où la durée totale du trajet dépasse les huit heures ". Des précisions sont apportées en annexe pour les transports ferroviaire et maritime. Aux USA, la réglementation est moins stricte : les chevaux peuvent rester dans le camion jusqu’à 28 heures consécutives. (SELLNOW L., 1999)
Lors de transports internationaux, il est impératif de prendre contact avec les services vétérinaires des pays concernés : tous ont une réglementation visant à prévenir l’arrivée sur leur territoire de nouvelles maladies et par conséquent une batterie de contrôles particuliers adaptés. Certains pays demandent une quarantaine pour les animaux qui pénètrent sur leur territoire ; là aussi les règles sont différentes selon les destinations (durée, distance entre les chevaux, types de désinfectants, tests sanguins à effectuer, etc.). Citons pour exemple la durée de la quarantaine de quelques pays : 7 jours pour le Japon, 21 pour l’Australie. Pour les Etats-Unis, l’import et l’export des chevaux sont soumis à une quarantaine qui ne peut se faire qu’à Newburgh, Miami, Honolulu ou Los Angeles et dont la durée dépend de la provenance des animaux (en général moins de 3 jours pour des chevaux venant d’Europe, mais parfois jusqu’à 60 jours lorsqu’ils viennent d’Afrique  (BROCKHOFF T. C., 1998 ; MARKS D., 1993 ; STRICKLAND C., 1998)

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  • Voyager en avion (encadré)
Ce moyen de transport, bien que très onéreux, permet d’éviter de longues traversées maritimes, souvent mal supportées par les chevaux. Les avions utilisés sont en général des avions cargo (DC-8, 747…). Les chevaux sont généralement installés dans des containers spécialement aménagés pour 3 ou 4 chevaux placés les uns à côté des autres. Ils peuvent être accompagnés par leur groom, qui peut ainsi les surveiller et les nourrir (les carottes sont très souvent citées comme anti-stress et rafraîchissant). Lors des longs transports, comme pour les passagers humains, des petits repas sont distribués de manière à combler le décalage horaire. La température est généralement fraîche pour compenser le dégagement de chaleur dû aux animaux mais bien régulée. (BENOIT P., LEPAGE O., 1992 ; SAUVE L., 1992 ; STRICKLAND C., 1998)
Une étude menée par une équipe irlandaise (LEADON D.P., 1995.) a montré que les chevaux de courses transportés par avion d’Irlande au Japon présentaient une perte de poids, un peu de fièvre et des élévations de taux de cortisol, de leucocytes et de lymphocytes, d’albumine, de chlorure, de fibrinogène et bilirubine dans le plasma. Les valeurs initiales n’étaient retrouvées que de 1 à 3 jours après l’atterrissage. Ils préconisaient donc d’avancer le vol pour laisser au moins 3 jours de repos aux chevaux avant une grande échéance.

Même si le tableau brossé dans cette approche bibliographique est asez sombre, l’équipe de recherche de l’Université Davis de Californie conclut un de ses articles sur une note assez positive (SMITH B.L. et al., 1996) : "(…) 24 heures de transport routier peuvent ne pas être particulièrement stressantes pour les chevaux, si ceux-ci sont en bonne santé, habitués au camion et à leurs compagnons de voyage, si on leur permet de se reposer durant des arrêts au pire toutes les 3,75h et s’ils voyagent dans un véhicule bien aéré."[TDLR]. Alors… bon vent !

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Bibliographie

tous ces documents sont disponibles à la Médiathèque du cheval des Haras nationaux, 16 rue Claude Bernard – 75231 Paris cedex 05) :
BALL M.A., 1998. Transporting horses. The Horse. 15, 4, p24-34. Egalement disponible à l’adresse suivante : http://www.thehorse.com/0498/transporting_horses0498.html
BATTAIL G.A., 1997. Le transport du cheval en coliques. 5ème Congrès de Médecine et Chirurgie Equine, Genève, 14-16 décembre. p40-45.
BENOIT P., LEPAGE O., 1992. Transport aérien des chevaux de sport. Equathlon. 4, 16, p14-15.
BRIGGS K., 1998. Trauma-Free Trailering. The Horse avril 1998. http://www.thehorse.com/0498/trailer_trauma0498.html
BROCKHOFF T. C., 1998. Shipping Regulations. The Horse avril 1998. http://www.thehorse.com/0498/travel_regulations0498.html
CABLE C. S., 1997.Transporting foals. The horse. http://www.thehorse.com/current/foal_transport.html
DE NOME A., 1998. AAEP Forum: Room to Breathe. The Horse, avril 1998. http://www.thehorse.com/0498/forum.html
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ESTRADE M., 1998. Dossier transport, un voyage sans histoire. L'Eperon. 168, p79-86.
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SAUVE L., 1992. A cheval sur le chemin. Colloque sur le cheval, 2 mai, Québec Conseil des Productions Animales du Québec, CPAQ. P61-67.
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SMITH B.L., JONES J.H., CARLSON G.P., PASCOE J.R., 1994. Body position and direction preferences in horses during road transport. Equine Veterinary Journal. 26, 5, p374-377.
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STRICKLAND C., 1998. Foreign Travel Tips. The Horse avril 1998. http://www.thehorse.com/0498/foreign_travel0498.html
THIBAULT G., 1991. Histoires de transport. Equus International. 4 et 5, p38-42 et p30-33.
VAN DEN BERG J.S., GUTHRIE A.J., MEINTJES R.A., NURTON J.P., ADAMSON D.A., TRAVERS C.W., LUND R.J., MOSTERT H.J., 1998. Water and electrolyte intake and output in conditioned thoroughbred horses transported by road. Equine Veterinary Journal. 30, 4, p 316-323.
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WHITING T., 1999. Maximum loading density of loose horses. Canadian Journal of Animal Science. 79, p 115-118.

Netographie :
http://www.animaltransport.com/Horse/index.htm et http://horsemovers.com/ : compagnies proposant de transporter des chevaux dans le monde.
http://www.nhdid.com/forum/subject270.html : forum américain de discussion sur le transport des chevaux
http://www.horseface.hypermat.net : réseau de plus de 200 bénévoles aux USA, en Australie, au Canada, en France, en Irlande, à Porto Rico et en Norvège permettant de simplifier les transports nationaux et internationaux de chevaux.
http://www.geocities.com/ResearchTriangle/Thinktank/5711/HSEW.html : webring sur la viande decheval
sites français de vente de vans : http://perso.wanadoo.fr/ap-petit/ et http://www.laurent-guillon-automobiles.fr/
document présentant les réglementation liées au transport des animaux de boucherie : http://www.mhr-viandes.com/fr/docu/docu/d0000102.htm

Equ’idée n°30

H2O pour les chevaux

Laver, nettoyer, rincer, rafraîchir, soulager, stimuler, raffermir, masser, rééduquer… telles sont quelques unes des vertus de l’eau. Voici un rapide aperçu des différentes utilisations possibles de l’hydrothérapie chez le cheval.

L’eau froide courante
Une des premières utilisations de l’hydrothérapie consiste tout simplement à rincer une blessure très récente à l’eau froide (8 à 15°C) : tout en éliminant les saletés superficielles, vous ralentissez le processus d’inflammation si la zone atteinte est douchée plus de 20 minutes. Second bénéfice, le léger massage promulgué par le passage de l’eau. (1, 3, 4)

La glace
La glace peut-être appliquée sur les zones enflées préalablement humidifiées de 15 à 20 minutes toutes les 2 heures de préférence (un temps d’application plus long peut endommager les tissus). L’intérêt majeur de la glace est que, tout en ayant un rôle anesthésiant, elle n’altère pas le processus de cicatrisation. (1)

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L’eau chaude
Autant l’eau froide est à conseiller sur une blessure pendant les premières 48 heures, autant l’eau chaude (40 à 44°C) devient efficace lorsqu’il s’agit d’encourager la circulation sanguine pour accélérer le processus de cicatrisation ou pour faire évoluer un abcès. La règle est : jamais d’eau froide sur une peau froide et jamais d’eau chaude sur une peau chaude. (1 , 3, 4). Plusieurs modes d’action : la douche ou la compresse. les utilisations les plus fréquentes de cette méthodes sont liées à des problèmes d’arthrite, d’abcès ou de refroidissement. (1, 3, 4)

L’alternance d’eau chaude et froide
Utilisée essentiellement sur des tissus congestionnés de façon chronique (anciennes blessures), cette action de l’eau permet de stimuler la circulation sanguine comme le fait le sauna sur les humains. (1, 3, 4)

Application d’eau additionnée de différents produits
Une autre méthode, souvent utilisée pour des chevaux venant de fournir un effort violent (course de vitesse ou d’endurance par exemple) est de couvrir le cheval avec une chemise trempée dans de l’eau chaude additionnée de sels d’Epsom (renouveler l’application dès que la chemise est froide).Cela permet au cheval d’être moins courbaturé le lendemain. (1 ) On peut également réaliser des compresses avec d’autres produits qui peuvent être en fonction des pathologies de l’argile (abcès, ulcères, piqûres d’insectes…), de la moutarde noire (problèmes de tendons ou d’articulation), camomille (eczéma, plaies suppurantes, yeux irrités…), etc. (3, 4)

L’immersion
Les piscines pour chevaux sont surtout utilisées pour rééduquer des chevaux blessés. Cela permet de travailler sur le plan musculaire et cardiaque un cheval qui ne pourrait être entraîné sur le sol sans aggraver ses lésions. (1 , 5, 6)
La nage peut être également être utilisée dans le cadre de l’entraînement de chevaux de course ou de sport en complément de l’entraînement " terrien ". (1, 2, 7) Quelques réserves cependant :

  • ce travail est stressant pour l’appareil respiratoire (1 , 5, 6)
  • le cheval ne travaille pas dans le même sens qu’un cheval monté. En effet, au lieu d’être tendu et rond devant, il creuse le dos et lève la tête, ce qui dans des cas extrêmes peut provoquer des dorsalgies. (1 , 2, 5, 6)
  • le cheval a souvent besoin d’une période de réadaptation au travail sur piste en raison notamment d’un " endormissement " des capteurs des membres permettant au cheval d’adapter ses gestes à son environnement. Il développe également des masses musculaires non spécifiques à sa discipline, qui peuvent ensuite lui faire perdre ses repères. Il est donc indispensable dès que possible de faire marcher le cheval sur des sols variés pour le réhabituer.( 5, 6)
Il existe des contre-indications : boiteries hautes, dos raide, problèmes cutanés, chevaux se remplissant d’eau par l’anus, chevaux très émotifs. ( 5, 6)
Une solution hybride : le jacuzzi pour cheval (commercialisé aux USA sous la marque Hydraciser), bain à 37°C à remous géant dans lequel le cheval a de l’eau au dessus des épaules et dans lequel il peut marcher contre le courant. Cette méthode est préconisée chez des chevaux ayant des problèmes de tendons et/ou d’articulations, se remettant d’opérations orthopédiques ou des chevaux de complet à l’entraînement. Leur coût est très important (85000$), il n’en y aurait qu’une douzaine aux USA. (1 ) Sans dépenser autant d’argent, des établissement proposent un système similaire en… faisant marcher les chevaux dans la mer ! (2 )
Si votre cheval regimbe devant toute source d’humidité, n’oubliez pas de lui parler d’hydrothérapie !

Pour en savoir plus :

1. Briggs K., 1999. The power of hydrotherapy. The Horse june 1999. P63-72.
2. Chauveau C., 1999. Thalasso pour les chevaux. Cheval santé n°2. p10-12.
3. Emich G. 1993. Traitement des maladies du cheval par les médecines naturelles. Maloine Ed., Paris 192 pages.
4. Emich G. 1994. Naturopathy for horses. Allen J.A., London. 266 pages.
5. Galloux P., Vial C., Auvinet B., Lepage O., Goupil X., 1992. Adaptation à l’effort du cheval en piscine. Equathlon. 4, 15, p22-27.
6. Galloux P., Goupil X., Vial C., Lepage O., 1994. Heart rate and blood lactic acid concentration of the horse during swimming training. The Equine Athlete. 7, 2, p10-14.
7. Misumi K., Sakamoto H., Shimizu R., 1994. Journal of Veterinary Medical Science. 56, 2, p217-222.

 

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